Après les tempêtes de ce début d'année, il fallait aller voir ce que devenait la forêt qui nous avait été interdite le 12 février. Alors un mois après qu'en était-il ? Et bien nous n'étions que 5 pour constater qu'en effet quelques arbres sont tombés et les chemins les moins fréquentés sont parfois encombrés par des troncs et des grosses branches mais surtout encore très humides et nous avons dû contourner beaucoup de flaques d'eau et de mares de boue. Si le départ s'est fait sous un ciel couvert, le soleil est bien vite apparu ce qui nous a permis de faire une belle promenade en passant par la tour du télégraphe Chappe avant de revenir vers le parking par l'allée des Grands Chênes sans crainte de nous perdre comme ce fut le cas du roi Charles VI.
Et maintenant un peu d'histoire pour étoffer ce compte-rendu.
Au Moyen Age, la forêt appartient comme Mondonville aux comtes de Toulouse puis à leurs successeurs les seigneurs de l’Isle Jourdain jusqu’au 15e siècle. Au 16e siècle elle revient à Henri de Navarre qui, devenu roi de France, en fait une forêt royale réglementée, ce qu’elle restera jusqu’à 1772 où elle redeviendra privée (famille Du Barry puis comte de Provence) jusqu’à la Révolution française. La forêt sera alors « bien national » avant de devenir « impériale » sous Napoléon 1er, de nouveau « royale » avant de devenir « domaniale » en 1848. Des droits d’usage : pacage (pâture pour les animaux), glandée (ramassage des glands et leur consommation par des porcs), affouage (ramassage du bois), marronnage (coupe de perches pour piquets ou outils) sont accordés par les seigneurs du Moyen Âge aux communes environnantes et pour certains à la ville de Toulouse, créant de multiples conflits entre ses différents bénéficiaires et une raréfaction du bois. Au 14e siècle Bouconne restait suffisamment dense pour que le roi Charles VI s’y soit perdu lors d’une chasse.
Comment le roi Charles VI s’est perdu au sein de Bouconne.
« Le Roi Charles VI (1368-1422) pendant son séjour à Toulouse, étant allé chasser dans la forêt de Bouconne avec plusieurs Seigneurs de la Cour, fut surpris par la nuit qui était très obscure, et qu'il s'égara. On ajoute que s'enfonçant de plus en plus dans le bois sans pouvoir reconnaître l'endroit où il était, il fit le vœu que s'il pouvait s'échapper du péril où il se trouvait d'offrir le prix de son cheval à la Chapelle de Notre-Dame de Bonne Espérance dans l'église des Carmes. Aussitôt la nuit s'étant éclaircie, il sortit heureusement du bois. Le lendemain il s'acquitta de son vœu, et il fonda en conséquence un Ordre de Chevalerie sous le nom de Notre-Dame-d'Espérance ». On cite en preuve une ancienne peinture qu'on voit sur la muraille du Cloître des Carmes de Toulouse, auprès de la Chapelle de Notre-Dame-d ‘Espérance, où un Roi de France est représenté à cheval s'inclinant devant une image de la Vierge.